Mener collectivement une réflexion sur l’inclusion

La préoccupation de l'ONE pour l'ouverture de tous les services à la diversité quelles que soient les caractéristiques de l'enfant et de sa famille fait partie intégrante de son décret organique.  

Historiquement, l'accroissement de l'attention apportée par l'ONE à l'accueil et l'accompagnement des familles ayant un enfant en situation de handicap, trouve son origine dans un appel à projets émis par le Fond Social Européen en 2007.

Les premiers pas

De nombreux éléments tant dans le contexte communautaire qu’au niveau international ont amené à se pencher sur les questions de diversité et d’accueil de tous. Parmi toutes les sources, citons néanmoins :

  • l’Arrêté du Code de Qualité et de l’Accueil ;
  • l’appel à projets du Fonds FSE ;
  • les orientations prises par les différents contrats de gestion de l’ONE ;
  • la convention internationale des droits de la personne handicapée.

S’inscrivant dans la même lignée que la CIDE, l’Arrêté du Code de Qualité et de l’Accueil donne une vision de l’enfant. Celui-ci est considéré comme un être actif, détenteur de ressources, qui a un « désir de découvrir » ; il incombe au milieu d’accueil de veiller à préserver et encourager ce désir, en organisant des espaces de vie adaptés à ses besoins, en mettant à sa disposition du matériel et en lui permettant de prendre part à tous les événements qui lui arrivent dans le lieu d’accueil. L’enfant, quelles que soient ses caractéristiques, est non seulement actif pendant les moments où il découvre le matériel mis à sa disposition, seul ou en interaction avec les autres, mais dans tous les moments (change, mise au lit, repas) où sa participation active est rendue possible par l’adulte présent et attentif. L’enfant est également considéré comme une personne apte à s’exprimer par lui-même et spontanément, D’où la demande faite aux professionnel·le·s d’accompagner l’enfant notamment en favorisant les conditions d’une activité autonome.

Le Code de qualité (MB, 1999-2004) précise plus particulièrement, dans son article 10 traitant de l'accessibilité, que "Le milieu d'accueil favorise l'intégration harmonieuses d'enfants ayant des besoins spécifiques, dans le respect de leur différence".

En 2007, l'Office a rentré, via son Service études et stratégies, deux projets dans le cadre de la programmation 2007-2013 liés à deux articles : convergence (Hainaut), compétitivité (hors Hainaut). Le subside a été utilisé pour le soutien d’actions directes aux milieux d’accueil liés à des projets d’inclusion en FWB : actions de formation et d’accompagnement, initiatives spécifiques, projets nécessitant des aménagements particuliers, travail de réflexion sur des outils à diffuser auprès d’autres milieux d’accueil, journées de sensibilisation à l’inclusion de tous, articulation avec le développement d’outils internes ONE (DVD être là, à côté) …

Depuis 2003, l’ONE travaille en suivant les orientations négociées avec le gouvernement au travers de son contrat de gestion. Ce document définit la manière dont l'ONE doit mettre en oeuvre ses missions de service public et les objectifs qui lui ont été confiées par le Gouvernement pour une période déterminée.

L'Office s'est engagé à suivre les orientations et modalités définies dans son deuxième contrat de gestion (2008-2012),  Les orientations prises dans les articles 101 et 102 ont été renforcées dans le dernier contrat de gestion (2013-2018) dont l'un des axes forts est de lutter contre les inégalités sociales. Le chapitre 7 est entièrement consacré à l'inclusion des enfants en situation de handicap.

La question de l'accessibilité est primordiale à la fois pour que les familles puissent être informées de la possibilité du service pour tous et pour qu'une fois incluses dans le service, elles puissent se sentir accueillies et bienvenues, gage qu'elles continueront à fréquenter le service dans la durée. Pour ce faire, il convient de mettre en place des moyens différenciés, des "aménagements raisonnables" (Convention Internationale de la Personne Handicapée), actions individualisées qui gagnent à être menées dans le respect de chacun.

Adopter une approche qui valorise la diversité

L’enjeu central n’est pas de faire en sorte que les enfants se taisent ou n’abordent pas la question de la différence de l’autre.

Plutôt que de faire comme si tous étaient pareils et ainsi nier les caractéristiques de chacun, le cœur du travail est de faire en sorte que ces dernières soient :

  • rendues visibles ;
  • discutées avec les enfants, avec les autres acteurs ;
  • considérées comme une expression de la diversité qui est rencontrée au sein de la société même à un enjeu du vivre ensemble.

Cette diversité, loin d’être problématique, est davantage considérée comme une richesse : un travail de sensibilisation des enfants est réellement important. On n’aime pas tous la même chose, on peut avoir des intérêts différents, mais aussi des goûts communs…

L’adulte, par les démarches d’ouverture qu’il met en place, montre aux enfants que les différences sont admises et ne sont pas problématiques; au contraire, elles sont au cœur de la vie … comme ce qui nous rassemble aussi.

Kris a deux ans et porte des chaussures orthopédiques. Quand la puéricultrice lui met les chaussures orthopédiques, les autres enfants viennent voir. Ils ne demandent rien, mais la puéricultrice voit que les enfants sont intéressés. Elle réagit en nommant les appareils orthopédiques aux pieds de Kris comme une différence. Alors les chaussures de chaque enfant sont examinées. Jeff a mis des bottes et Tiny, des bottines, Sandrine a des chaussures basses et les bébés, Georges et Hassan, n’ont pas mis de chaussures, mais des petites pantoufles. Toutes les chaussures, pantoufles et chaussures orthopédiques sont examinées et Sandrine, une petite fille, commence spontanément à parler des cheveux des enfants. Sandrine a des cheveux courts, la puéricultrice, des cheveux longs. Sandrine vient juste d’apprendre les mots « court » et « long ». A présent, les enfants comparent leurs cheveux. L’un a des cheveux blonds, l’autre des cheveux noirs et Kris remarque qu’elle a les mêmes cheveux que Sandrine : court avec plein de boucles.

Source : VBJK, 2010, p 32