Maltraitance dans le sport : un projet de prévention

La pratique d’un sport est bénéfique pour les enfants et les jeunes. Toutefois, ils peuvent y vivre de la violence psychologique, physique ou sexuelle.

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Maltraitance dans le sport : le projet « Child Safeguarding in Sport »

 

« Child Safeguarding in Sport » est un projet de l'Union européenne et du Conseil de l'Europe. L’ONE fait partie du comité de pilotage chargé de la mise en œuvre de la feuille de route en Fédération Wallonie-Bruxelles, aux côtés de l’ADEPS, de YAPAKA et des fédérations de football ACFF et de hockey LFH.

Cette feuille de route vise à renforcer nos politiques et actions en matière de protection de l'enfance dans le sport. Elle s’appuie sur le réseau existant de prévention et de prise en charge de situations de maltraitance, et propose notamment d’y ajouter rapidement des fonctions de responsables de la protection de l’enfance spécifiques au sport.

 

 

Maltraitance dans le sport : la situation en Fédération Wallonie-Bruxelles

 

Depuis 2019, une recherche ("CASES : La maltraitance des enfants dans le sport - Statistiques européennes") est menée dans plusieurs pays européens pour estimer l’impact des violences dans le sport.

Dans ce cadre, l’ADEPS a commandité une étude auprès de l'Université d'Anvers. L’étude, menée en Fédération Wallonie Bruxelles, s’est intéressée au vécu des participants et participantes en termes de violence interpersonnelle dans et en dehors du contexte sportif. 1472 hommes et femmes, âgés de 18 à 30 ans, ayant pratiqué un sport organisé avant l’âge de 18 ans, ont répondu à l’enquête en ligne.

Le terme "violence" englobe des comportements comme le harcèlement, l’intimidation, la taquinerie. Dans le milieu sportif, il concerne un acte ou un comportement délibéré et non accidentel. 5 formes de violences ont été analysées :

  1. la négligence (manque de soins médicaux, obligation d’abandonner l’école…)
  2. la violence psychologique (humiliations, critiques sur le physique, jurons, menaces…)
  3. la violence physique (exercice physique en guise de punition, agression physique…)
  4. la violence sexuelle sans contact (commentaires et regards inappropriés, exhibition…)
  5. la violence sexuelle avec contact (embrassade forcée, contact génital forcé…)

De cette étude, il ressort notamment que :

  • 86% des participants et participantes ont déclaré avoir vécu une bonne, voire très bonne, expérience globale du sport avant leurs 18 ans.
  • Parmi les participants et particpantes :
    • 67.6% ont subi de la violence psychologique en milieu sportif
    • 51.8% ont vécu de la violence physique
    • 40.6% de la violence sexuelle sans contact
    • 40.2% de la négligence
    • 25.4% de la violence sexuelle avec contact
  • En milieu sportif, par rapport aux filles, les garçons subissent :
    • plus de négligence (60.2% pour 38.9%)
    • plus de violence physique (68.7% pour 53.9%)
    • plus de violence sexuelle avec contact (47.6% pour 28.4%)
  • Plus le niveau de compétition augmente, plus le risque d’exposition à la violence interpersonnelle augmente.
  • Les participants et participantes issus d'un groupe ethnique minoritaire et ceux et celles pratiquant du handisport ou du sport adapté expriment avoir été victimes d’un plus grand nombre d’expériences de violence.
  • Les comportements et actes violents proviennent principalement d’un co-équipier ou d’une co-équipière ou de l’adulte responsable des entrainements.
  • Pour toutes les formes de violence, la majorité des personnes ayant participé à l’enquête ont exprimé leur difficulté à parler de ce qu’elles vivaient. Pour la plupart, elles ont gardé secret leur vécu.

 

Les initiatives prises pour prévenir les violences faites aux enfants et aux jeunes dans et en dehors du sport sont donc essentielles pour que chacun et chacune puissent pratiquer un sport en confiance et en sécurité.

 

Maltraitance dans le sport : pour en savoir plus…