L'invitée du Bénévol'Info : Christine, secrétaire et bénévole d'accueil dans les consultations de Nivelles et Genappe
En décembre 2025, Christine a participé à un échange entre consultations, une expérience de job shadowing à Saint-Gilles. Une première pour une bénévole de l'ONE. Elle nous partage ce que cette aventure lui a apporté.
Le job shadowing est un dispositif, proposé autrefois par l'ONE, qui permet à des bénévoles de passer une ou plusieurs journées dans une autre consultation afin d'observer, partager et s'enrichir d'autres pratiques. Christine est la seule bénévole à s’être portée candidate et à avoir bénéficié de cette expérience ponctuelle.
Bénévol'Info : Pour commencer, pourriez-vous vous présenter brièvement et nous expliquer depuis combien de temps vous êtes bénévole en consultation ?
Christine : Je m'appelle Christine. Je fais partie de la consultation de Nivelles en tant que secrétaire depuis 5 ans. Je participe aussi à l’accueil des familles et à la pesée des enfants lors des consultations. Je suis également bénévole d’accueil à l'ONE de Genappe, où je fais des remplacements régulièrement car l'équipe est réduite.
Quels éléments ont motivé votre engagement ?
C. : J’ai arrêté de travailler après 35 ans de carrière dans les ressources humaines dans le secteur bancaire. Je voulais continuer à être active et utile, et rester en contact avec les gens. Je me suis tournée vers le bénévolat et, un peu par hasard, vers l’ONE. Malgré un démarrage particulier durant la période Covid, l’expérience m’a tout de suite plu… et j’y suis toujours aujourd’hui !
Comment avez-vous entendu parler du projet d'échange entre consultations ?
C. : Tout simplement via cette newsletter Bénévol’Info ! La curiosité de découvrir un autre mode de fonctionnement m’a donné envie d’y participer. Déjà entre Nivelles et Genappe, j’avais pu observer qu’on poursuivait le même objectif du volontariat mais il y a des différences dans les habitudes et la façon de gérer l'administratif. Découvrir une autre réalité m’a tout de suite attirée.
Comment s'est déroulée votre immersion à la consultation de Saint-Gilles ?
C. : Je m'y suis rendue pendant 3 jours, en décembre 2025. Dès le premier contact par mail, ça s'est très bien passé avec la Partenaire Enfants-Parents (PEP's) en charge de la consultation depuis plus de 25 ans. Sur place, l'accueil était parfait tant avec elle qu’avec les médecins et les 2 bénévoles rencontrées. Franchement, le top.
Quelles étaient les grandes différences par rapport à ce que vous connaissiez à Nivelles et Genappe ?
C. : La population dans ce quartier de Saint-Gilles est très différente de ce que je connais à Nivelles et Genappe, elle est assez précarisée. Toutefois, j'ai une petite expérience avec les familles demandeurs d'asile du centre de la Croix-Rouge de Genappe. Dès le premier jour, les familles ont été spontanément chaleureuses avec moi. La consultation est vraiment un lieu de rencontre ; une occasion de sortir de chez elles.
Qu'avez-vous appris de cette expérience ?
C. : Ce qui m’a marquée, c’est surtout la différence de contexte et de public.
À Saint-Gilles, j’ai découvert une réalité beaucoup plus précarisée, avec des familles souvent plus disponibles et en demande de contact.
Là-bas, la consultation est vraiment un lieu de rencontre : on prend le temps, les mamans échangent entre elles et les enfants jouent. Certaines situations demandent aussi un accompagnement plus concret et immédiat. Par exemple, on est allé chercher du lait en pharmacie pour une maman qui n’avait plus rien.
C’est une approche très centrée sur l’écoute globale, aussi bien des besoins des mamans que de ceux des enfants, en fonction des réalités rencontrées.
À Nivelles, le fonctionnement est différent, en grande partie parce que le public n’est pas le même. Les parents viennent souvent sur leur temps de travail : ils arrivent, passent en consultation et repartent. Le temps d’échange est donc généralement plus limité.
Y a-t-il un moment ou une rencontre qui vous a particulièrement touchée lors de cette expérience à Saint-Gilles ?
C. : Il y en a eu plusieurs qui m’ont interpellée. Une maman traversait une période difficile. La PEP's lui demandait des nouvelles, et m'a invitée à rejoindre la conversation. J'étais vraiment contente d'avoir pu apporter un petit plus à cette dame en étant à son écoute.
Et puis il y a eu aussi ce petit garçon qui est venu vers moi d’une façon tellement spontanée ou encore cette jeune maman qui est venue avec ses 2 enfants et dont la cadette pleurait parce qu'elle n'était pas habituée au bruit et au monde. Ces situations m’ont particulièrement touchée.
En quoi cela a-t-il changé votre regard sur le bénévolat ?
C. : Cela m’a fait prendre conscience de la diversité des réalités. On ne mesure pas toujours à quel point les contextes peuvent être différents. À Saint-Gilles, la consultation est un véritable lieu de vie, de rencontres, un moment important pour les familles qui ont parfois peu d’espaces pour échanger. Le lien avec les parents est aussi plus direct, plus spontané. Le contact se fait très facilement.
Cette expérience a-t-elle fait évoluer votre vision de votre engagement bénévole ?
C. : Disons qu'elle a élargi ma vision. On est moins proches des parents à Nivelles qu'à Saint-Gilles parce que la réalité des familles est différente. À Nivelles ou à Genappe, si une maman nous demande de tenir son enfant, c'est exceptionnel. Là-bas, c'est plus spontané. C'est ça, la grosse différence.
Qu'est-ce que vous retenez, en conclusion, de l'ensemble de cette expérience ?
C. : Tout d'abord, de belles rencontres avec la PEP's, les bénévoles et les médecins. Et même un petit moment convivial autour d'un gâteau d'anniversaire le deuxième jour (elles ont insisté pour que je reste). On s'est promis de se revoir à la fête des volontaires de l'ONE. Je retiens aussi qu'on a beaucoup de chance à Nivelles et Genappe d'avoir ce sentiment d'appartenir à une équipe. À Saint-Gilles, les bénévoles travaillent davantage seules. C'est quelque chose d'important que je n'avais pas mesuré avant. Et puis, au-delà de tout ça, j'ai réalisé à quel point la diversité est grande, et combien il est précieux d’être curieux et de voir ce qui se passe ailleurs.