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La pédagogie du caddie

Christian DENGIS, coordinateur de l'Association des Écoles de devoirs en province de Liège - AEDL

Des moyens limités, des espaces à partager

Parce que les moyens financiers ne sont pas toujours au rendez-vous, de nombreuses Ecoles de Devoirs trouvent refuge dans des locaux prêtés par d’autres associations ou structures publiques. Une solution aussi précieuse qu’économique… mais qui implique souvent de partager l’espace avec d’autres utilisateurs, à d’autres moments de la semaine.

Un lieu de passage mais pas seulement

Dans ces conditions, le local de l’Ecole de Devoirs ressemble parfois un peu à une chambre d’hôtel pédagogique. On arrive, on s’installe, on fait de son mieux… et on disparaît en laissant l’endroit tel qu’on l’a trouvé.

Mais voilà : un lieu d’accueil pour enfants ne se résume pas à quatre murs et quelques tables.

Se sentir chez soi pour se sentir mieux... et mieux apprendre

Pour apprendre, grandir, oser, essayer et parfois même se tromper (ce qui est tout de même la base de l’apprentissage), les enfants ont besoin de se sentir en sécurité, reconnus et un peu “chez eux”.

La psychologie de l’enfant nous rappelle combien l’environnement influence le sentiment d’appartenance, la motivation et la confiance en soi. Un espace personnalisé devient un repère. Il raconte : "Ici, tu as ta place."

Et entre nous… quoi de plus intimidant que de grands murs blancs, froids comme une feuille de contrôle surprise, sans dessins colorés, sans affiches de la Planète des Alphas, sans tableau de conjugaison, sans formule de géométrie, sans poster de spectacles jeune public ou sans photo pour faire voyager l’imagination ?

 

L'ingéniosité au service des enfants

Heureusement, certaines Ecoles de Devoirs rivalisent d’ingéniosité.

À Flémalle (province de Liège), Marie-Flore DUGA-GALLO, coordinatrice de l’Ecole de Devoirs MIRA – une EDD portée entièrement par des volontaires – a très vite refusé l’idée d’un espace neutre et impersonnel. Certes, l’EDD est hébergée gracieusement dans un local paroissial qui ne lui est pas exclusivement réservé, mais pour Marie-Flore, une chose est claire : les enfants qui y passent leurs après-midis doivent pouvoir s’y sentir chez eux.

Tout tient dans un caddie

Et cette promesse...tient dans un caddie.

Oui, un simple caddie de courses, que Marie-Flore tire chaque jour derrière elle par monts et par vaux, par pluie, vent ou soleil. À l’intérieur : des affiches, des dessins plastifiés, des décorations, des supports pédagogiques, des petites touches de couleurs… tout ce qui transforme un local partagé en véritable cocon éducatif.

À chaque séance, l’équipe de volontaires ouvre le précieux caddie comme on ouvre un coffre aux trésors. Les murs s’animent, les couleurs apparaissent, les dessins des enfants reprennent leur place, les lettres et les mots racontent qu’ici on apprend… mais aussi qu’ici on compte.

Une magie éphémère

Et lorsque la journée se termine et que les enfants rentrent chez eux, il faut tout remballer. Les murs redeviennent neutres, comme si rien ne s’était passé.

Rien… sauf dans le cœur des enfants.

Ce qui reste malgré tout

Car derrière ces affiches que l’on accroche et décroche chaque jour, il y a quelque chose de bien plus important : le sentiment d’être attendu, accueilli et reconnu.

Habiter un lieu même brièvement

Et si l’Ecole de Devoirs MIRA nous rappelle quelque chose, c’est peut-être ceci :

Un lieu éducatif n’est pas seulement un espace que l’on occupe.
C’est un endroit que l’on habite — même quelques heures — avec de l’attention, de la créativité et beaucoup d’humanité.

Et parfois…

Et parfois...tout cela tient simplement dans un caddie.

 

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